Ce cône volcanique parfaitement symétrique de presque 4000 mètres d’altitude est un volcan dormant. Malgré ce fait, ceux qui le gravissent – 35 % seraient des touristes – ne sont pas effrayés et y apprécient les vues spectaculaires. Après tout, c’est en 1708 qu’il a fait éruption pour la dernière fois et aucun ronflement, soupir ou mugissement n’ont été entendus depuis.
Certains commencent à grimper en après-midi et passent quelques heures dans l’un des abris aménagés tout au long des sentiers bien visités. D’autres commencent l’ascension suffisamment tôt le matin pour pouvoir atteindre le sommet avant le lever du soleil.
Même s’il est possible de voir des prairies toute fleuries sur la partie basse du mont Fuji, le voyageur est accueilli par un paysage volcanique de roches rouges dentelées, de différentes dimensions dans la partie supérieure. Le sentier est sinueux et devient de plus en plus à pic à mesure que l’élévation augmente.
Malgré que les sentiers soient bien fréquentés, le sable est recouvert de morceaux de pierre volcanique. Un bâton de marche est très utile et efficace pour déplacer les plus grosses pierres avant qu’elles ne vous fassent trébucher. Pendant l’été, il est possible d’apercevoir ici et là une fleur alpine qui pousse parmi les rochers, ressemblant à une véritable pierre précieuse.
Les sentiers sont assez larges pour accommoder tous les pèlerins qui sont en chemin vers le sommet. Durant la saison, qui dure du 1er juillet au 31 août, il est possible de faire une pause à l’un des abris pour savourer une bonne tasse de nouilles chaudes ou un breuvage chaud. Pour rester à coucher quelques heures dans un de ses abris, il vous en coûtera 70 $ mais il vous sera difficile de bien dormir à cause du brouhaha et du va-et-vient de tous les randonneurs qui s’y attardent. Même la nuit, il est possible de marcher sur le sentier qui se rend jusqu’au sommet puisque l’on retrouve sur les côtés une corde tenue par des poteaux qui sert de guide; néanmoins, une lampe de poche qui vous éclairera le long du chemin est fortement recommandée. Imaginez la scène invraisemblable en voyant d’en bas tous ces gens avec des lampes de poche qui se dirigent vers le sommet avant le lever du soleil.
L’exténuante montée, les différents groupes de gens souvent collés comme des sardines tout au long du sentier, le jacassement constant et le bruit des klaxons que les guides déclenchent pour tenter de rassembler leur groupe, tout ça n’est rien pour rendre la randonnée paisible jusqu’au sommet.
Avant d’arriver à la cime, il reste encore quelques marches à gravir et puis vient la porte Torii, flanquée de deux Koma Inus (chiens de garde) en pierre. Une Torii est une porte qui ouvre sur un endroit sacré ou un lieu Shinto. Un monument qui marque le passage entre le monde spirituel et le monde physique.
C’est impressionnant de constater comment tout devient silencieux aussitôt que le soleil se lève. On peut vivre quelques précieuses secondes de paix absolue alors que les pèlerins japonais demeurent immobiles, complètement absorbés dans la contemplation et la prière.
Le sommet n’est pas tout à fait exempt d’attrapes touristes. On y retrouve des boutiques le long du dessus du cratère ainsi que des aménagements d’observation. Il faut environ une heure de marche pour faire le tour du cratère.
Mais les vues spectaculaires, peu importe le moment de la journée ou les aléas de la température, en valent la peine. En se promenant le long de la crête du volcan, on peut s’imprégner de la vue panoramique qui s’étend devant nous. Le lever du soleil est sans pareil. Lentement, des nuages blancs et gris s’élèvent d’en bas, laissant une brume pendant un court laps de temps au-dessus de toute la région.
Ensuite, il est possible d’apercevoir des collines aux pentes douces et encore plus loin, la beauté de l’océan bleu. C’est une image difficile à décrire. Quand arrive le temps de redescendre, la poussière soulevée par ceux qui marchent devant chatouille le nez et recouvre les voyageurs épuisés. Cependant, lorsque l’on pénètre dans la forêt, la poussière devient une chose du passé et quand les conditions météorologiques sont moins favorables, on peut finalement se protéger des vents froids.
Si vous voulez tenter l’expérience d’une randonnée à l’extérieur de la saison officielle, vous devez aller chercher une permission de la police à la station Fujiyoshida, car il faut prévoir les avalanches, les vents violents et les tempêtes de neige. Ce n’est évidemment pas recommandé aux aventuriers non aguerris.
Avant de partir, enfilez une bonne paire de chaussures de marche et portez plusieurs couches de vêtements, amenez aussi un imperméable ainsi que des gants chauds.
Préparez un sac à dos avec de la nourriture, de l’eau, du papier de toilette, des lunettes de soleil et de la crème solaire. Les espadrilles, les shorts et les chemises à manches courtes ne sont pas recommandés, peu importe la saison.
L’ascension jusqu’au sommet peut prendre de quatre à sept heures, et la descente peut en prendre de trois à cinq. Il y a dix endroits appelés «stations» tout au long des sentiers qui donnent lieu à des paysages époustouflants. Les abris – qui ne sont ouverts que durant la saison officielle – sont localisés tout au long du sentier, mais ne sont pas très utiles pour ceux qui tentent l’expérience hors-saison.
On retrouve des chemins pavés carrossables jusqu’à la cinquième station (Kawaguchiko) où il est possible d’entreprendre le sentier Fujinomiya qui est bien balisé. Deux autres sentiers clairement balisés sont le Gotemba et le Subashiri. Cependant, il n’y a que deux façons d’atteindre le sommet : à pied ou à dos de cheval.
Un autobus peut vous conduire à la base du mont Fuji, en 2 heures et demi, à partir du district de Shinjuku de Tokyo. Une route alternative peut être empruntée en autobus à partir de Fujiyoshida, prévoyez une heure pour le trajet.
source: la grande époque
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