Les gosses japonais parlent de leur bataille pour l'identité
Dans la salle 611 de la cour de Tokyo, une jeune fille de 11 est appelé pour témoigner devant les juge.
" Mon nom japonais est Jurain Arashiro mais mon nom sur le passeport est Julie-Anne Chittum. J'ai écrit mon nom en Kanji moi-même" (NDLR: au Japon lorsqu'on change de nationalité, on se doit de japoniser nom) Elle a expliqué les trois kanjis qu'elle a sélectionné pour écrire son nom. Ainsi, trois femmes philippines accompagnées de leurs enfants ont témoigné à cette audience. En exigeant du gouvernement qu'il identifie leur nationalité japonaise, Jurian et huit autres enfants japonais-philippin ont introduit le 12 avril le premier recours d'action du pays sur ce problème. Leurs défenseurs et avocats croient qu'ils sont seulement la partie visible de l'iceberg. Il y a un véritable groupe social d'enfant illégitimes nés d'un père japonais mais d'une mère étrangère.
En vertu de la loi courante, une enfant illégitime de cette nature est habilité à avoir la nationalité japonaises seulement si le père le reconnait avant la naissance. Une fois qu'il naît, le bébé prend la nationalité de la mère à moins que les parents ne se marient légalement - une règle que beaucoup d'avocats discutent car disminatoire pour les enfants.
Ce problème est devenu particulièrement significatif dans les années 90 avec l'arrivée de femmes étrangères au Japon bénéficiant d'un visa de travail "loisir". La majorité venant des Philippines travaillent dans des clubs comme hôtesses(NDLR: call-girl, prostituées, strip-tease...)
Aucune statistique ferme n'est disponible, cependant en 2001, selon le ministère de la santé, du travail et de l'assistance sociale, il y avait 5510 naissances de mères philippines dont 4821 légitimes. La différence est donc de 689.
De plus, les femmes étrangères avec des enfants illégitimes non reconnus sont sujets à la déportation.
Engager une procédure judiciaire place un fardeau considérable sur les épaules des femmes. Presque toutes les mères impliquées ont eu besoin d'un prêt pour faire l'examen d'ADN permettant de trouver le père et un autre prêt pour le procès sur la nationalité.
"quand un enfant est encore un bébé, une mère comme nous est bien aussi longtemps qu'elle à une résidence et un travail" dit la mère de Jurian, Charlotte "mais le problème commence quand l'enfant grandit. Il faut répondre à des questions."
"Nous,mères, n'avons pas besoin de la nationalité japonaise. Nous voulons retourner aux Philippines quand nous serons vieilles. Mais je ne peux pas amener ma fille avec moi. Elle parle seulement japonais et connait la vie au Japon. Elle ne se sentirait pas bien aux Philippines. Si je vais à nouveau aux philippines, je devrais laisser mon enfant seul et je me sentirais seule et pleine d'inquiétudes.
Loretta Ligon est mère d'un garçon de 9 ans:
" A moins de trouver une solution aux problèmes maintenant, mon fils, qui doit déjà faire face aux critiques à l'école, fera face à bien plus de difficultés à l'avenir. Il a été identifié par ses camarades comme n'étant pas japonais. Il n'a pas confiance en ce qu'il est. Je suis inquiète de savoir s'il pourra s'adapter à la société japonaise une fois adulte.
Selon Rieko Ito du réseau des citoyens pour les enfants philippins japonais, le problème principal pour ces mères est de trouver le père et d'obtenir un soutien financier pour l'enfant. Ils sont peu coopératifs.
"Mais pendant que les enfants vieillisent et commence à aller à l'école, les mères font face à des problèmes qui les inquiètent y compris la discrimination.
Pour ces enfants, le ministère de la Justice se réfugie derrière la loi qui offre assez peu d'options pour résoudre leur demande. "A partir du moment ou les parents se marient, ils peuvent obtenir la nationalité japonaise" selon le représetant du ministère Ryoji Izumoto
Mais l'autre souci est qu'il est parfois impossible d'y avoir un mariage. Dès que la femme est enceinte, le père coupe le contact car la plupart du temps il est déjà marié. Le fait de procéder à un test ADN et une procédure d'identification montre bien qu'elles ne peuvent espérer le mariage.
Izumoto indique alors une autre solution: la naturalisation
Mais Yasuhiro Okuda est en désaccord avec cette solution. " La naturalisation ne peut pas être un salut pour ces enfants et la cour suprême a mentionné cela dans des décisions précédentes bien qu'elle conclue que la loi soit constitutionnelle."
Puisque les demandes de naturalisation sont à la discrétion de l'administration, les enfants philippo-japonais peuvent être rejetés.
Selon ce professeurs aucune cour n'a jamais renversé une décision du gouvernement pour le refus de naturalisation. "La naturalisation est un processus soigneux et long. Si elles ont assez d'argent, elles peuvent embaucher un administrateur mais elles devront passer une série d'enquêtes.Cette option est donc irréaliste pour des femmes étrangères, célibataires et qui travaillent. Aucune autre nation n'a un système comme le japonais qui trace la ligne de la citoyenneté entre la reconnaissance du père de sa paternité avant la naissance et après."
L'angleterre avait du réformer son système après qu'un rapport des Nations-Unies est trouvé le système discriminatoire. Ce même rapport s'est inquiété de la situation au Japon.
Okuda affirme que le quart des 241 enfants aidé par des centres d'aide à l'enfance étaient en 2001 des enfants avec un père japonais et une mère étrangère. "Aucun d'eux n'a bénéficié de la reconnaissance de leur père avant la naissance. Un grand nombre d'enfants sont laissés dans cette situation mais la plupart reste silencieux."
Source: Yomiuri Shinbun 2octobre 2005
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